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Points de vue, Projets

Les bibliothèques de Rennes Métropole à l’heure de l’Open Data

Bonjour !

Vous vous trouvez sur l’ancien blog du collectif Open Data Rennes. Ses archives restent en ligne, mais nous nous trouvons à présent sur www.cod-rennes.fr.

A très bientôt !

Depuis 2010, Rennes Métropole s’est lancée dans l’open data et a ouvert des données d’horizons variés. Un domaine reste malgré tout plutôt pauvre, c’est celui de la culture. Pourtant Rennes ne manque pas d’acteurs publics ou privés liés à la culture sous toutes ses formes. Le terreau est riche et fertile.

Un acteur a quand même commencé à proposer certains jeux de données, il s’agit de la bibliothèque des Champs Libres, avec ses statistiques de fréquentations par heure et par jour. Ces données sont intéressantes car elles permettent de percevoir la distribution des visites tout au long de l’année et peut-être en faire des corrélations (va-t-on plus à la bibliothèque lorsqu’il fait froid ? quand il pleut ? le printemps est-il plus propice à la lecture ? etc.). Le Collectif Open Data Rennes s’est d’ailleurs appuyé sur ces données pour en proposer un jeu de visualisations. La culture nourrit la culture.

Néanmoins, nous pensons qu’il y a plus à faire avec l’information qu’une bibliothèque peut générer et manipuler au quotidien: nombre de documents empruntés, retournés, en retard, emprunts par heure ou jour, quelle section d’une bibliothèque est la plus dévalisée. Bien entendu on peut ajouter aussi son catalogue, l’âme d’un tel lieu.

Une approche en douceur

Initialement, lorsque vous souhaitez travailler sur des données d’un acteur public, il est bon de faire un tour sur leur site afin de voir ce qui est accessible, même si ce n’est pas programmatiquement exploitable. Ainsi les Champs Libres possèdent une section évoquant l’histoire et les chiffres, notamment ceux liés à la bibliothèque.

Mais nous parlons d’open data, nous voulons des données structurées. Si aucun jeu de données ou d’API n’est proposés librement par l’acteur public en question, il est temps de prendre contact avec eux pour en discuter. La manière pour le faire dépend très largement de la politique d’ouverture de la commune et des institutions qui en dépendent, ainsi que de l’acteur lui même. Bien entendu, une sensibilisation à l’open data et à ses enjeux est un préalable important pour que l’acteur s’engage dans l’initiative. La prise de contact peut se faire par email mais il est probable qu’une entrevue de visu sera plus productive. Trouver le bon interlocuteur va requérir toute votre sagacité. Dans le cas de la Bibliothèque, ils étaient déjà engagés dans une démarche d’ouverture des statistiques, et nous avons eu la chance de les avoir rencontrés au travers de réunions sur le sujet à la Cantine Numérique Rennaise. Par ailleurs, Léa étant en très bon rapport avec des membres de la bibliothèque facilitant ainsi les premiers échanges.

Ne jamais hésiter à ouvrir la discussion, si vous trouvez le bon interlocuteur.

Un jeu de patience donnant/donnant

Dans le cas où l’acteur répond positivement à la demande d’ouverture de certaines de ses données, vous allez devoir vous armer de patience. En effet, l’existence d’une donnée ne signifie pas qu’elle soit facilement accessible ou exploitable. L’open data demande un effort et un processus qui peut se révéler complexe ou coûteux, au moins en temps.

Par ailleurs, afin de justifier ce surcoût, il est possible que l’acteur public ou privé propose d’abord un jeu de données simples afin de voir l’engouement à son égard. Cela peut faire bondir les défenseurs de l’open data qui estiment que les données ne doivent pas être prises en otage, mais le pragmatisme est de mise dans l’action publique. Par conséquent, un jeu de donnée basique attisant les appétits, il peut se révéler judicieux de montrer qu’il y a effectivement une attente réelle pour plus de données. Le collectif, sous l’impulsion de Léa, a ainsi proposé l’opération #biblioviz.

Une fois que la discussion est engagée, il convient alors de faire un état des lieux des données qu’une bibliothèque manipule et celles qui peuvent intéresser la collectivité, et enfin lesquelles entrent dans le cadre légal de l’open data.

Des contraintes à prévoir

Techniques

Les communes possèdent des fonds patrimoniaux bien antérieurs aux nouvelles technologies sans parler des mouvements d’ouvertures comme l’open data, l’open content, voire l’opensource et le logiciel libre (on parle de dizaines d’années pour les logiciels, et des centaines d’années pour certain bien du patrimoine). Ces considérations ne sont pas entrées en ligne de compte dans les appels d’offres de logiciels tels que les SIGB. Par conséquent, il est fort à parier que le logiciel équipant votre bibliothèque soit fermé (qu’il soit privateur ou privé, en tout cas non-libre d’accès). Cela pose des difficultés certaines pour l’ouverture des données, sans parler de requérir parfois une licence spécifique d’un montant substantiel. C’est le cas des bibliothèques des Rennes Métropole et ce qui a poussé le collectif à contourner cette contrainte en aspirant le catalogue via le moteur de recherche. Nous y reviendrons dans un prochain article.

Légales et politiques

La culture n’est pas un domaine simple lorsqu’il s’agit d’accéder à des données. Celles-ci sont gardées jalousement et/ou sont simplement trop complexes et coûteuses à rendre disponibles. Par ailleurs, la culture est le monde du droit : droit d’auteur, droits voisins, etc. Il peut se révéler très complexe pour un acteur de savoir comment l’open data s’inscrit dans ce contexte. Dans tous les cas, les acteurs de la culture se doivent d’être prudents avec les données, car il peut ne pas leur appartenir le droit de les mettre à disposition.

Compétences métier

Comme tout domaine, la bibliothèque a ses métiers, avec ses codes, ses règles, et son vocabulaire. Lorsque le Collectif a rencontré la Bibliothèque, il a d’abord fallu expliquer certain termes employés (rien que SIGB par exemple). De même, les données peuvent être classées et codifiées selon une norme spécifique à un métier. Cette contrainte est indéniablement une occasion de s’intéresser et de discuter du métier de la bibliothèque, et d’écouter ses acteurs et ses professionnels.

Demandeur mais aussi acteur

La démarche de l’open data doit se faire avec de la patience au ventre. Il est en effet indispensable de se remémorer que les acteurs publics ou privés, même lorsqu’ils sont moteurs, prendront le temps qu’il faut pour libérer leurs données. Il existe un temps incompressible dont il faut tenir compte, et prendre patience afin de respecter le planning des différents interlocuteurs.

Malgré tout, il est possible, comme avec le catalogue des bibliothèques, de déjà vous faire une idée des données que vous pourriez traiter et ainsi aiguiller votre interlocuteur.

L’opendata propose au citoyen un outil supplémentaire pour agir sur sa vie locale.

Conclusion

Les bibliothèques de Rennes Métropole semblent accueillir avec bienveillance l’idée d’un accès à leurs données. Mais pour des raisons de contraintes techniques liées à leur SIGB ainsi qu’à des impératifs liés à leur planning, il apparaît clair au Collectif qu’une partie du travail devra se faire par des moyens indirects tels que nous évoquions plus haut. Nous présenterons ce travail lors d’un prochain article.

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